La Société de Patrimoine Eau et Assainissement en Milieu Urbain et Semi-Urbain (SP-EAU) plaide pour des PPP adaptés aux enjeux du secteur de l’eau et de l’assainissement
La Directrice Générale de la SP-EAU, Dr Huguette Massan AVUMADI, a pris part, ce jeudi 3 septembre 2026, à Lomé, à l’Hôtel 2 Février, à la Conférence sur les contrats de partenariat public-privé (PPP).
Membres du Gouvernement, décideurs publics, experts et partenaires ont partagé leurs regards et leur expérience autour des enjeux de financement des infrastructures, d’attractivité, de structuration des projets et de la transformation économique du Togo.
À cette occasion, la Directrice Générale de la SP-EAU est intervenue au Panel 3, consacré au thème : « Du projet à la réalisation : comment réussir un PPP ? »
Dans son intervention, Dr Huguette Massan AVUMADI a mis en avant le caractère stratégique du secteur de l’eau et de l’assainissement, au-delà de sa dimension sociale. Elle a souligné son rôle de levier et catalyseur dans le développement de l’électricité, l’agriculture, le tourisme, de l’industrie et, plus largement, la transformation économique et le développement des territoires.

« Si nous voulons développer l’agriculture et accélérer l’industrialisation, nous avons besoin de mobiliser des ressources en eau suffisantes », a-t-elle notamment souligné, mettant en évidence les interactions étroites entre l’accès à l’eau, la productivité économique et le développement des activités industrielles.
Elle a insisté sur la nécessité de mobiliser davantage les investissements privés, afin d’accélérer la réalisation des infrastructures, tout en veillant à construire des modèles de PPP adaptés aux réalités et aux priorités de chaque pays.
Dans cette perspective, elle a souligné l’importance de la question tarifaire dans la conception des projets de PPP. « Il faudrait également que, dans le PPP qu’on aura à penser, on puisse prendre en compte le tarif. Le tarif est très important : avoir une politique tarifaire claire », a-t-elle souligné.
S’appuyant sur les expériences de plusieurs pays africains, la Directrice Générale a notamment évoqué les modèles développés en Côte d’Ivoire et au Sénégal, où l’implication effective du secteur privé dans le financement et l’exploitation des infrastructures d’eau a permis d’accélérer certains investissements et d’améliorer l’accès aux services.
Ces expériences montrent, selon elle, l’intérêt de construire des partenariats dans lesquels les responsabilités, les risques et les intérêts des différentes parties sont clairement définis et alignés autour d’objectifs de performance et de service public.
Elle a par ailleurs souligné le potentiel de la digitalisation et de l’innovation dans l’amélioration de la performance des services, notamment dans la réduction des pertes d’eau et l’optimisation des réseaux.
Revenant sur la réforme du secteur de l’eau et de l’assainissement au Togo, elle a présenté les enseignements qui ont notamment conduit à une clarification des rôles entre les différents acteurs.
Dans ce nouveau dispositif, la SP-EAU assure le rôle de société de patrimoine et porte notamment les responsabilités liées à la gestion du patrimoine, à la mobilisation des financements, au paiement de la dette, tandis que la TdE intervient en qualité de société fermière, chargée de l’exploitation des services.

Cette réforme constitue une dynamique importante pour renforcer la performance du secteur et créer les conditions favorables à de nouveaux mécanismes de financement et de partenariat, même si la mise en œuvre de la réforme demeure confrontée à des défis qui nécessitent encore des ajustements et la consolidation des mécanismes institutionnels et financiers.
La réduction des pertes d’eau constitue notamment un enjeu majeur. Une part importante de l’eau produite n’étant pas valorisée, ces pertes représentent à la fois une perte de ressources et un manque à gagner économique. Pour la Directrice Générale, l’intervention du secteur privé peut contribuer à accélérer les investissements nécessaires à la modernisation des réseaux, à l’amélioration de leur performance et à la réduction de ces pertes.
Pour conclure, la Directrice Générale de la SP-EAU a rappelé que la réussite d’un partenariat public-privé repose sur un modèle adapté, une gouvernance claire, un partage équilibré des risques, des responsabilités bien définies, une politique tarifaire adéquate, et une capacité à mobiliser efficacement les investissements, pour transformer les projets en infrastructures durables et en services accessibles aux populations.